Au mois d’avril, la Villa Ndar poursuit son programme de résidences artistiques en accueillant plusieurs artistes dont les pratiques croisent musique, danse, performance et arts visuels. Ces résidences donnent lieu à des temps de recherche, de création et de rencontre avec le territoire et les publics.
« Avec Noire est ma langue », Poundo Gomis développe une performance solo à la croisée de la musique, du chant et des arts de la scène. Ainsi, la voix, amplifiée et transformée, mise en dialogue avec les machines, devient matière vivante et espace de résistance. À travers le mandjak, le wolof, le français et l’anglais, elle explore une identité traversée par l’exil, la mémoire familiale et les héritages spirituels. De plus, nourrie par les traditions orales d’Afrique de l’Ouest, sa recherche trouve à Saint-Louis un ancrage intime et historique, où l’écriture scénique se construit au contact du territoire.
La villa accueille également le danseur et chorégraphe Lory Laurac développe le projet Rantré an wond-la (« Entrez dans la ronde »), qui met en dialogue le gwoka guadeloupéen et les danses hip-hop. En croisant rythmes, appuis et dynamiques corporelles, il retrace par la danse les circulations diasporiques entre l’Afrique et les Caraïbes.
Ainsi, la ronde devient un espace d’écoute et d’énergie collective, tandis que le hip-hop affirme une présence contemporaine intimement liée aux cultures urbaines. Dans cette perspective, le corps est envisagé comme une archive vivante, porteuse d’histoires, de résistances et de transmissions. À Saint-Louis, ville marquée par les échanges atlantiques, ce projet trouve un écho symbolique fort.
La Villa Ndar accueille aussi Jeanne Bischoff dans le cadre du programme Grande Route des Arts du Littoral (GRAL 2026). Après un premier temps de résidence à Nouakchott, elle poursuit à Saint-Louis une recherche pensée comme un parcours à travers les territoires du littoral. À partir des archives de l’océanographe Anita Conti, son travail explore la mémoire des espaces maritimes, les savoirs des communautés de pêcheurs et les transformations écologiques contemporaines. Ainsi, par l’image et la collecte de traces, elle met en relation mémoire, circulation et devenir des paysages côtiers. Sa résidence se poursuivra également pour finir sur les côtes de la Gambie.
Enfin, la flûtiste, vocaliste et compositrice Naïssam Jalal est accueillie en résidence à la Villa Ndar en collaboration avec le MUPHO. Artiste reconnue de la scène jazz contemporaine, elle développe un univers musical singulier où se croisent différentes cultures et imaginaires.
Dans ce cadre, elle travaille autour de Shining Legacy, un répertoire original inspiré des musiques de transe africaines et afro-descendantes. À travers cette création, elle rend hommage à l’héritage culturel africain dans les sociétés contemporaines tout en poursuivant une recherche artistique autour de la musique comme espace de guérison et de transmission.
Ainsi, le mois d’avril à la Villa Ndar s’inscrit sous le signe du dialogue entre les disciplines artistiques, les mémoires et les territoires. Ces résidences offrent également l’occasion de rencontres et de partages avec les publics autour des processus de création contemporaine.



